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DÉVELOPPEMENTS
DES INFRASTRUCTURES PHYSIQUES DE ROUTES, DES TÉLÉCOMMUNICATIONS
ET D'ÉNERGIE
Dans le souci
de réaliser l'objectif d'intégration physique de la sous-région,
la CEDEAO a initié des programmes d'interconnexion des réseaux
communautaires dans les domaines des transports, des
communications et de l'énergie qu'il convient de poursuivre avec
vigueur. Ces projets à caractère hautement intégrateur
constituent les maillons principaux de l'aménagement du
territoire communautaire.
L'existence
d'infrastructures efficientes reliant les Etats membres entre eux
est indispensable à l'intégration des économies ouest
africaines. La politique de maîtrise des surcoûts de production
et de la qualité des services de transports, des communications
et de l'énergie, est un élément essentiel de la politique
d'amélioration de la compétitivité économique et du
renforcement de l'intégration régionale. Particulièrement, pour
la promotion des exportations et du commerce intra-régional,
l'amélioration des réseaux routiers et des télécommunications,
la fourniture d'énergie à des coûts raisonnables, constituent
une priorité pour favoriser l'insertion des pays de la CEDEAO
dans l'économie mondiale. Il s'agira particulièrement,
d'élaborer et d'exécuter des programmes d'infrastructures
régionales reliant les pays entre eux, chacun supportant les
charges et bénéficiant des revenus de la connexion. Le secteur
privé devrait être impliqué à la réalisation de ces
infrastructures.
Programme
du Secteur des transports
Dans le cadre de
l'intégration économique régionale et du développement des
échanges commerciaux entre les Etats membres, la CEDEAO a
élaboré le Programme de transport routier prioritaire. Ce
programme comprend deux phases. La première phase du programme
est soulignée dans la Décision A/DEC.20/80 relative au programme
de transport communautaire. Elle comporte les deux étapes ci-après
:
facilitation du transport
routier à travers les frontières nationales
; et
construction
du réseau d'autoroute trans ouest Africain qui comprend la route
transcôtière Lagos-Nouakchott et la route trans-sahélienne
Dakar-N'Djamena (frontière Tchad).
La seconde
phase du programme de transport routier prioritaire a été
adoptée par la Décision C/DEC.8/12/88 relative aux différents
tronçons de route d'interconnexion pour l'accès aux pays
enclavés.
Facilitation
du transport routier
Les mesures de
facilitation adoptées en vue d'une circulation des biens entre
les Etats membres comprennent :
les statuts
et règlements relatifs aux spécifications techniques des
véhicules, à l'infrastructure, à la sécurité routière et aux
normes de conduite ;
les
formalités douanières et frontalières telles que les visites
douanières, les fermetures de frontières et les dispositions
relatives à l'assurance.
l'adoption et
la mise en œuvre d'une carte d'assurance automobile CEDEAO.
Construction des réseaux
routiers trans-ouest Africains
61.
La construction des réseaux routiers ouest africains constitue le
plus grand succès de la CEDEAO. En effet, les résultats des
missions effectuées sur le terrain pour déterminer l'état
d'avancement du programme prioritaire indiquent qu'environ 83 %
soit 3.777 km sur les 4.560 km de la route trans-côtière
(Nouakchott-Lagos) avaient été achevés. Les tronçons restants
dont les travaux n'étaient pas achevés sont les suivants :
-
Danane-frontière Libéria 26 km en Côte d'Ivoire ;
-
Bloloquin-Toulepleu-frontière Libéria 64 km en Côte d'Ivoire
-
Ganta-Tappita-Douanes Tobli-Blay (frontière Côte d'Ivoire):
151 km au Libéria ;
-
Bandajuma-Pont Zimmi-Mru (frontière du Libéria) : 97 km, en
Sierra Léone ;
-
Freetown-Pamelap (frontière de la Guinée) : 126 km, en Sierra
Léone ;
-
Boke (Guinée) - Quebo (Guinée Bissau) : 206 km
-
Akatsi(Dzodze (frontière Togo) : 31 km au Ghana ;
-
Noepe-Hilla Condji (frontière Bénin) : 80 km, au Togo.
En ce qui
concerne la route trans-sahélienne, Dakar-N'Djamena (frontière
Tchad) les résultats indiquent que sur un réseau d'une longueur
totale de 4460 km, 3894 km soit 87 % sont achevés. Les tronçons
manquants dont la construction n'est pas achevée sont les
suivants :
-
Sénégal : Saraya-Faleme-frontière du Mali : 47,5 km ; et
-
Mali : Bamako-Kenieba-frontière Sénégal : 450 km
Autres
modes de transport
La
Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement a entériné la
proposition de création par le secteur privé d'une compagnie
aérienne "ECOAIR" et d'une compagnie de cabotage
maritime. Ces deux projets sont à un stade avancé. En outre, la
CEDEAO a réalisé une étude sur l'interconnexion des réseaux de
chemins de fer dont la recherche de financement est en cours.
Programme
du secteur des télécommunications
64.
La Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement, sur
recommandation du Conseil des Ministres, a approuvé le premier
programme prioritaire des télécommunications de la Communauté
dénommé INTELCOM I à sa session de mai 1979 à Dakar, Sénégal.
Le programme a trait à l'amélioration et à l'extension du
réseau des télécommunications au sein de la sous-région.
Les
principaux objectifs du programme INTELCOM I étaient les suivants
:
-
désenclaver les Etats membres qui ne disposaient pas de liaisons
fiables avec l'extérieur ;
-
compléter les chaînons manquants du réseau PANAFTEL dans
la région ouest africaine ;
-
relier les capitales des Etats membres par des liaisons téléphoniques
directes en utilisant les faisceaux hertziens ;
-
contribuer à la croissance du trafic des télécommunications
dans l'espace CEDEAO.
De 1983 à 1992, la
Communauté, à travers le Fonds de la CEDEAO, a consenti des
efforts importants pour assurer le financement du premier
programme qui a atteint ses objectifs initiaux à plus de 95% et
confirmé par l'étude de post-évaluation faite par l'Union
internationale des Télécommunications (UIT). La conférence a
demandé au Secrétariat exécutif d'entreprendre la réalisation
d'un deuxième programme de télécommunications dénommé
INTELCOM II.
L'objectif
principal du programme INTELCOM II est de mettre à la disposition
de la Communauté un réseau régional des télécommunications
moderne et fiable, capable d'offrir une gamme élargie de services
y compris les services multimédia et large bande. Ceci permettra
de minimiser les transits extra-africains et d'améliorer
l'interconnectivité directe des Etats membres.
Programme
du Secteur de l'énergie
La CEDEAO a
élaboré un plan directeur de développement du potentiel
énergétique de la sous-région qui a été adopté par les
instances de décision de la Communauté. Ce plan directeur porte
sur les domaines suivants :
Sites
hydrauliques
La mise en valeur des sites hydrauliques jugés d'intérêt
régional: Mau au Ghana, Fomi en Guinée, Salthino en Guinée
Bissau, Bumbuna en Sierra Léone, Manantali au Mali, Garafiri en
Guinée, Adjarala au Togo et au Bénin. Les sites de Manantali et
de Garafiri sont en cours d'exécution. Adjarala a fait l'objet
d'une réunion de bailleurs de fonds. La mise en valeur de ce site
permettra de réaliser l'interconnexion Nord Togo-Nord Bénin.
Centrales
thermiques
La
construction des centrales thermiques à gaz à cycle combiné en
Côte d'Ivoire et au Ghana ainsi que la réhabilitation des
centrales thermiques au Nigéria permettraient de disposer d'une
capacité d'environ 9000 MW. Le coût des investissements
nécessaires est estimé à 6,4 milliards de dollars US.
Interconnexion
des réseaux électriques nationaux
La
réalisation de lignes électriques d'interconnexion de réseaux
électriques nationaux sur une longueur d'environ 5600 km portant
sur des tronçons dans la plupart des pays de la CEDEAO.
Au total, les
investissements à réaliser sur l'ensemble des infrastructures de
production et de lignes d'interconnexion envisagés s'élèvent
environ 11,8 milliards de dollars EU (imprévus compris) sur une
période de 19 ans. Ces infrastructures permettraient de doter la
sous-région CEDEAO d'une capacité installée d'environ 10000 MW
correspondant à la capacité nécessaire pour satisfaire la
demande estimée d'ici à l'an 2015.
Projet de
Gazoduc de l'Afrique de l'ouest

Il est
envisagé d'utiliser le gaz naturel qui est une énergie non
polluante créditée actuellement d'énergie la moins chère par
rapport aux autres sources d'énergies conventionnelles pour
suppléer la production d'origine hydraulique exposée aux aléas
climatiques incontrôlables. A cette fin, le Bénin, le Ghana, le
Nigéria et le Togo ont décidé de réaliser un gazoduc qui
permettra l'utilisation du gaz naturel du Nigéria par les quatre
pays pour la production d'énergie. Les caractéristiques du
projet sont les suivantes :
-
la construction d'un gazoduc entre Warri au Nigéria et la frontière
entre le Ghana et la Côte d'Ivoire en utilisant le système
de gazoduc Lagos Escravos existant ;
-
longueur totale du gazoduc 781 km ;
-
coût total de la construction 693.189.000 dollars EU ;
-
une structure de consommation du gaz répartie de la façon
suivante :
Ghana
84 % du marché
Bénin
7 % du marché
Togo
9 % du marché
-
taux de rentabilité interne 15 % ;
-
un prix du gaz qui varie entre 1,70 et 2,43 dollars EU par million
de "British Thermal Unit" (MBTU)
Le secteur
privé a déjà exprimé son intérêt pour la réalisation du
projet qui est à un stade très avancé.
Programme
régional des énergies renouvelables
Dans le cadre de la
diversification des sources d'énergie, la CEDEAO a élaboré un
programme régional d'utilisation des énergies renouvelables pour
répondre surtout aux besoins énergétiques des zones rurales
défavorisées et isolées du réseau électrique. Ce programme
vise principalement le solaire (photovoltaïque), la biomasse, la
mini et micro hydraulique et les économies d'énergie.
Dans le cadre
de la valorisation des ressources énergétiques de la CEDEAO, la
conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement a accepté le
principe d'un programme d'échanges énergétiques de la CEDEAO
"Power Pool" qui permettra de faciliter la production et
les échanges d'énergie électrique entre les pays excédentaires
et les pays déficitaires
Pour le
financement de l'ensemble de ces programmes, la CEDEAO compte
jouer le rôle de facilitateur auprès des partenaires au
développement et participer au financement de certains projets à
travers le Fonds de la CEDEAO.
PROGRAMME
DE DEVELOPPEMENT DE LA PRODUCTION
Malgré
l'adoption d'une stratégie régionale de développement agricole
par la Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement depuis
1982, la CEDEAO n'a pas pu matérialiser son fort potentiel
agricole. Cette stratégie qui était basée sur l'intervention de
l'Etat, semble dépassée actuellement compte tenu des nouvelles
mutations de l'environnement économique en Afrique de l'ouest qui
privilégient le développement du secteur privé.
En outre, la réalisation des centres régionaux semenciers et
d'élevage de bovins n'a pas pu se matérialiser pour les mêmes
raisons. La stratégie est en cours de réactualisation.
Un certificat de transhumance (élevage) a été adopté par la
Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement et est en cours
d'exécution.
PROGRAMME
DE PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT
Programme de
lutte contre les végétaux flottants
Ce programme
a été adopté par les instances de la Communauté qui ont
mandaté le Secrétariat exécutif de mobiliser le financement.
Une conférence des bailleurs de fonds a été organisée au
profit des pays bénéficiaires suivants (Bénin, Côte d'Ivoire,
Ghana, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal). Par la suite, le
projet a été élargi aux pays nouvellement infestés (Burkina
Faso, Guinée, Togo, Gambie et le bassin de la Volta. Le
Secrétariat compte entreprendre des missions de sensibilisation
pour obtenir le financement du programme et une meilleure
coordination avec les partenaires.
Programme
régional météorologique
Un document
de projet relatif au renforcement des systèmes d'observation
synoptique de onze pays membres a été élaboré avec la
collaboration de l'OMM. Des actions sont également menées
auprès du PNUD et autres partenaires de développement pour
rechercher le complément du financement. Les pays bénéficiaires
se sont engagés à prendre en charge les contreparties
financières de fonctionnement de leurs volets respectifs.
Programme de
lutte contre la désertification
La
Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO a
adopté le Programme d'action sous-régional (PASR) de lutte
contre la désertification en Afrique de l'ouest (Décision
A/DEC.1/12/999). Le Secrétariat exécutif a été mandaté, en
collaboration avec le CILSS, d'initier les démarches nécessaires
auprès des partenaires au développement en vue de faciliter la
mobilisation des ressources requises pour la mise en œuvre du
programme. A cet effet, une réunion de concertation entre la
CEDEAO et le CILSS a défini un planning d'activités. Il a été
retenu d'axer les priorités sur la préparation des
documents-cadres des projets sous-régionaux autour de trois
domaines d'action : ressources en eau partagées, ressources
végétales animales et ressources énergétiques. La CEDEAO et le
CILSS ont sollicité l'appui des partenaires au développement
tels que le PNUE, le Mécanisme global, le FEM et l'UNSO.
Gestion des
ressources en eau
La CEDEAO
participe activement à des initiatives menées au niveau
sous-régional en matière de gestion intégré des ressources en
eau parmi lesquelles figure le programme d'aménagement intégré
du massif du Fouta-Djallon.
PROGRAMME
DE COOPÉRATION CULTURELLE ET SOCIALE
Création de
l'Organisation ouest africaine de Santé : Fusion
OCCGE / WAHC
Les Ministres de la
Santé des Etats membres de la CEDEAO ont admis à l'unanimité le
principe de la création d'une organisation régionale commune à
toute la sous-région grâce à la fusion de l'Organisation
Commune de lutte contre les Grandes endémies (OCCGE) et de la
West African Health Community (WAHC).
La Conférence des
chefs d'Etat et de Gouvernement a adopté en juillet 1997 le
protocole relatif à la création de l'organisation ouest
africaine de Santé (OOAS). Après plusieurs études et des
rencontres des responsables de la santé en Afrique de l'ouest,
les deux organisations ont fusionné pour donner naissance à une
nouvelle organisation, qui est l'organisation ouest africaine de
santé. Les chefs d'Etat ont entériné le choix de la ville de
Bobo Dioulasso (Burkina Faso) pour abriter le siège de l'OOAS et
la nomination d'un Directeur général et d'un Directeur Adjoint
de l'Organisation. Ces développements heureux augurent de bonnes
perspectives pour la rationalisation des autres OIG de la
sous-région.
Programme de
coordination pour le contrôle des drogues en Afrique
de l'ouest
La Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO,
lors de sa vingtième session tenue en juillet 1997 à Abuja, a
adopté la Déclaration Politique et le Plan d'Action régional de
coordination pour le Contrôle des drogues en Afrique de l'ouest.
Les différentes réunions des Comités inter-ministériels de
lutte Anti-Drogues (CILAD) des Etats membres de la CEDEAO ont
procédé à l'évaluation de la mise en œuvre du Plan d'Action régional
et adopté les statuts du Fonds régional pour le financement des
activités relatives au contrôle des drogues en Afrique de
l'ouest (ECODRUG FUND).
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