|
INTEGRATION DES MARCHES
Libre
Circulation des Personne
Le protocole
sur la libre circulation des personnes signé par la Conférence des
chefs d'Etat et de Gouvernement en 1978, comprend l'abolition des
visas, le droit de résidence et le droit d'établissement.
UP
Abolition
des visas et permis d'entrée
Tout citoyen de
la Communauté, excepté celui entrant dans la catégorie des
immigrants inadmissibles aux termes des lois et règlements en vigueur
dans le pays, désirant séjourner dans un Etat-membre pour une durée
maximum de quatre vingt dix (90) jours, pourra entrer sur le
territoire de cet Etat membre sans avoir à présenter un visa. Il
suffit au citoyen de la CEDEAO de posséder un document de voyage et
de certificats internationaux de vaccination en cours de validité .
Tous les Etats membres
de la CEDEAO ont aboli les visas et permis d'entrée. Toutefois, dans
presque tous les pays, il existe de nombreux postes de contrôle et
les citoyens de la Communauté sont victimes de tracasseries
administratives qui se manifestent le plus souvent par des extorsions
de fonds.
Tableau :
Postes de contrôle idenrifiés le long de certaines routes trans
ouest africaines
|
Route |
Distance |
Nombre total
de postes de contrôle |
Nombre total
de poste decontrôle aux 100 km |
|
Lagos-Abidjan |
992 Km |
69 |
7 |
|
Cotonou-Niamey |
1036 Km |
34 |
3 |
|
Lomé-Ouagadougou |
989 Km |
34 |
4 |
|
Accra-Ouagadougou |
972 Km |
15 |
2 |
|
Abidjan-Ouagadougou |
1122 Km |
37 |
3 |
|
Niamey-Ouagadougou |
529 Km |
20 |
4 |
Source
: Secrétariat exécutif de la CEDEAO
Le tableau fait
ressortir qu'il existe sept (7) barrages routiersaux 100 km entre
Lagos et Abidjan ; trois (3) entre Cotonou et Niamey tous les 100 km ;
quatre (4) postes de contrôles aux 100 km sur la route Lomé - Ouaga;
deux (2) sur la route Accra - Ouaga tous les 100 km ; trois (3) aux
100 km entre Abidjan - Ouaga ; et quatre (4) barrages tous les 100 km
sur la route Niamey - Ouagadougou.
En ce qui
concerne le droit de résidence et d'établissement, la plupart des
Etats membres respectent les dispositions du protocole. Une
évaluation détaillée est en cours.
UP
Institution
du Carnet de voyage CEDEAO
La
conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement a institué un carnet
de voyage des Etats-membres de la CEDEAO en vue de faciliter et de
simplifier les formalités de mouvement des personnes au passage des
frontières. La détention d'un carnet de voyage ou d'un passeport par
le citoyen de la Communauté le dispense de remplir le formulaire
d'immigration et d'émigration des Etats membres de la CEDEAO. Le
Burkina Faso, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Niger, le Nigéria
et la Sierra Léone ont mis en circulation le carnet de voyage.
Toutefois il faut signaler que la couleur, le format et la qualité
des carnets en circulation ne sont pas identiques. En outre, le coût
d'impression pose des problèmes pour quelques Etats membres.
Dans le cadre des
solutions à trouver à ces problèmes, le Secrétariat exécutif a
sollicité un certain nombre de bailleurs de fonds pour faire imprimer
le document de voyage. Toutefois, afin d'en maximiser le bénéfice,
le carnet de voyage CEDEAO devrait évoluer, à terme, vers un
passeport international unique CEDEAO à l'instar du passeport des
Etats de l'Union européenne.
UP
Institution
d'un formulaire harmonisé d'immigration et d'émigration
Le formulaire se
présente sous la forme d'un cadre rectangulaire de 15 cm x 9 cm et
comporte plusieurs copies. Il n'est utilisé que dans des cas
exceptionnels par les citoyens de la Communauté ; la règle étant
que les passeports nationaux et les carnets de voyage de la CEDEAO
présentés par les citoyens de la Communauté doivent être
estampillés sans qu'il ne soit nécessaire de remplir un quelconque
formulaire. A ce jour, aucun Etat-membre n'a notifié au Secrétariat
avoir institué ces formulaires. Aussi les citoyens de la CEDEAO en
règle continuent toujours de remplir les formulaires d'immigration et
d'émigration. Les pertes de temps enregistrées aux frontières sont
énormes. Il semble que le formulaire n'est pas connu des Etats
membres car il n'a pas fait l'objet d'une large diffusion.
Une réunion spéciale
des Ministres de l'Intérieur et de la Sécurité des Etats membres
est prévue pour examiner tous les problèmes qui se posent à
l'institution du carnet de voyage CEDEAO et du formulaire harmonisé
d'immigration et d'émigration et les autres problèmes connexes du
programme d'immigration de la CEDEAO.
UP
Création
des comités nationaux de suivi des programmes de la CEDEAO sur la
libre circulation des personnes et de transport
Dans le cadre de la libre circulation des biens et des personnes et de
l'amélioration du système des transports terrestres, la conférence
des Chefs d'Etat et de Gouvernement a adopté une décision relative
à la création de comités nationaux de suivi de l'application des
décisions et protocoles de la CEDEAO sur la libre circulation des
personnes et des transports.
Chaque comité national
devrait comprendre :
-
le Directeur des transports terrestres
:
Président
-
le Directeur de la Sécurité routière
:
membre
-
un représentant de la Police
:
membre
-
un représentant du bureau national de
la carte brune CEDEAO: membre
-
un représentant de la Gendarmerie nationale:
membre
-
un représentant de la Présidence
:
membre
-
un représentant de la Direction nationale
des Douanes
:
membre
-
un représentant de l'Union des transports
routiers ( UTRAO) : membre
-
un représentant de la cellule nationale CEDEAO
:
membre
L'évaluation de
l'application de cette décision fait ressortir que les Etats membres
suivants ont mis en place les comités : Bénin, Burkina Faso,
Ghana, Guinée, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Léone et
Togo.
Avec tous les
obstacles qui se posent à la libre circulation des personnes et des
biens qui existent dans les Etats membres, il est évident que les
comités de suivi n'ont pas atteint les objectifs qui leur ont été
assignés. Les Etats membres doivent prendre les dispositions
nécessaires en vue de créer et d'assurer un meilleur fonctionnement
de ces structures. Il serait également souhaitable que chaque comité
national se réunisse au moins une fois par trimestre afin de pouvoir
assurer un suivi correct. Pour permettre au Secrétariat de faire une
évaluation plus précise du fonctionnement des comités nationaux de
suivi et de l'état d'avancement du programme de libre circulation des
personnes et des biens, il a été proposé que chaque Etat membre
communique au Secrétariat tous les trois mois les résultats des
différentes réunions de son comité national.
UP
Etablissement
de la carte brune d'assurance automobile
Dans le cadre des mesures d'accompagnement des programmes de libre
circulation de personnes et de biens et du programme des transports,
la CEDEAO a institué une carte brune d'assurance automobile pour
être utilisée dans l'espace communautaire. Douze (12) Etats membres
ont institué la carte, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte
d'Ivoire, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger,
le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Léone et le Togo. Toutefois, il
y a lieu de noter l'existence dans la sous-région de deux (2)
systèmes d'assurance automobile : le code CIMA et la carte brune
d'assurance CEDEAO. Il est nécessaire d'harmoniser les deux systèmes.
UP
Libre
circulation des marchandises
L'objectif du
programme de libéralisation des échanges de la CEDEAO est d'établir
progressivement, au cours d'une période de quinze (15) ans, à partir
de sa mise en application ( c'est-à-dire le 1er Janvier 1990 ) une
union douanière entre les Etats-membres de la Communauté. Cette
union douanière implique l'élimination totale des droits et taxes
d'effets équivalents, des obstacles non tarifaires et
l'établissement d'un Tarif extérieur commun (TEC).
- Libéralisation
des produits du cru et de l'artisanat traditionnel
Les produits du
cru et de l'artisanat traditionnel doivent circuler librement entre
les Etats membres en franchise de tous droits et taxes d'effets
équivalents sans restriction quantitative ou administrative.
Pour obtenir la
franchise, les produits du cru et de l'artisanat traditionnel doivent
remplir les conditions suivantes :
- être originaires
d'un des Etats-membres ;
- être repris dans la
liste des produits annexée aux décisions portant libéralisation du
commerce de ces produits ; et
- être accompagnés
d'un certificat d'origine et d'une déclaration d'exportation CEDEAO.
-
Libéralisation des produits industriels originaires
Les droits de
douane et taxes d'effets équivalents à l'importation sont réduits
progressivement jusqu'à leur élimination totale, au cours d'une
période de dix (10) ans, à compter du 1er janvier 1990, et il est
prévu également la suppression des barrières non tarifaires qui
frappent ces produits à l'importation. Les produits industriels pour
bénéficier du traitement préférentiel doivent remplir les
conditions suivantes :
- être originaires
d'un des Etats membres ;
- être agréés ;
- être accompagnés
d'un certificat d'origine et d'une déclaration d'exportation.
L'évaluation de
la mise en œuvre du programme de libéralisation des échanges de la
CEDEAO est la suivante :
UP
Impression
et mise en circulation des documents douaniers harmonisés
Dans le cadre des
mesures d'accompagnement du SLE, les instruments douaniers et
statistiques tels les certificats d'origine, la nomenclature
douanière et statistique, la déclaration en douane ont été
harmonisés. En outre, il a été adopté un protocole sur le Transit
routier Inter-Etats (TRIE) et un système de caution de garantie des
opérations de transit.
Un projet de
document douanier unique a été élaboré en collaboration avec
l'UEMOA et a été soumis à l'examen de la trente neuvième réunion
de la Commission du commerce et des douanes qui s'est tenue à Abuja
du 17 au 19 mai 1999 qui l'a approuvé et l'a recommandé au Conseil
des Ministres pour adoption. Ce document devra être substitué aux
nombreux formulaires de déclaration en douane dans les Etats membres
en vue de faciliter et d'accélérer le dédouanement des marchandises
et limiter, par conséquent, le temps d'attente aux guichets de la
douane. Le document permettra par ailleurs, l'uniformisation des
codifications et d'autres données à caractère statistique ou
réglementaire pour une meilleure élaboration des statistiques du
commerce extérieur des Etats membres de la CEDEAO.
- douze (12) pays ont imprimé et
mis en circulation les certificats
d'origine : Bénin, Burkina Faso, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée
Bissau, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal,Sierra Léone et Togo ;
- onze (11) pays ont mis en œuvre la
nomenclature douanière
basée sur le système harmonisé (SH) ainsi quela déclaration en
douane : Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Gambie, Ghana, Guinée
Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Léone et Togo ;
- cinq (5) pays
seulement ont mis en œuvre le protocole sur le TRIE: il s'agit du Bénin,
de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Niger et du Togo alors que douze
(12) pays ont désigné des cautions nationales de garantie des
opérations de transit, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte
d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, le
Nigéria,le Sénégal, la Sierra Léone et le Togo.
UP
Elimination
des barrières tarifaires au titre du schéma de
libéralisation des
échanges (SLE)
- huit (8) pays ont éliminé les
barrières tarifaires au titre du SLE sur les produits du cru, à
savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le
Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, la
Sierra Léone et le Togo alors que, pour les produits industriels,
seul le Bénin a éliminé les barrières tarifaires concernant ces
produits.
Au titre du
budget de compensation, destiné à rembourser une partie de
pertes de recettes douanières subies par les Etats membres du fait de
la libéralisation des échanges intra-CEDEAO, seul le Bénin qui
applique le SLE a introduit une demande de remboursement. Le Burkina
Faso, la Gambie et le Mali ont payé l'intégralité de leurs
contributions tandis que le Bénin et le Nigéria ont effectué des
paiements partiels.
Malgré les
imperfections du schéma de libéralisation des échanges, le Bénin a
accepté sur son territoire des produits industriels originaires du
Ghana, du Nigéria et du Togo. Le Bénin mérite d'être félicité
pour le rôle de pionnier qu'il a joué dans la mise en œuvre du schéma.
De façon générale,
il faut noter que le programme de libéralisation des échanges n'est
pas encore opérationnel. C'est l'une des faiblesses principales de la
CEDEAO. Cette situation est essentiellement dûe à la non impression
des documents douaniers harmonisés par certains Etats membres, la non
élimination des barrières tarifaires, au coût élevé de la
compensation, au chevauchement des SLE de la CEDEAO et de l'UEMOA et
le manque d'informations au niveau des opérateurs économiques sur le
schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO. Le Secrétariat
exécutif a procédé à l'évaluation du schéma, principalement le
volet de la compensation et proposé des solutions qui ont été
présentées au Conseil des Ministres et au sommet restreint des chefs
d'Etat et de Gouvernement de sept (7) pays de la CEDEAO qui se sont
tenues du 26 au 27 mars 2000 à Abuja. Les chefs d'Etat et de
Gouvernement ont accepté le principe de transformer le prélèvement
communautaire en un fonds de solidarité à la disposition de tous les
pays pour financer le budget de compensation des pertes de recettes
douanières dûes à la libéralisation des échanges. En outre, pour
alléger les montants à compenser, les Etats membres qui ne l’ont
pas fait ont été invités à baisser leurs droits de douane.
UP
Etablissement
d'un Tarif extérieur commun de la CEDEAO
Le 31 décembre
1999, le schéma de libéralisation des échanges a bouclé
l'élimination des barrières tarifaires dans le cadre de la zone de
libre échange au sein de la CEDEAO. Il va falloir alors passer à
l'étape suivante qui va consister à mettre en place le tarif
extérieur commun de la CEDEAO (TEC/CEDEAO) dans les deux prochaines
années.
Le Secrétariat
exécutif est en train de poursuivre les efforts nécessaires dans ce
domaine en collaboration avec l'UEMOA afin d'éviter des duplications
au niveau régional et des problèmes d'harmonisation par la suite. La
réalisation des actions prévues dans ce domaine se fera sur
financement de l'Union européenne dans le cadre du Programme
indicatif régional (PIR).
Les Etats membres
sont invités à tout mettre en œuvre pour apporter l'assistance nécessaire
au Secrétariat exécutif pour la réalisation de l'union douanière
dans la sous-région de l'Afrique de l'ouest.
Programme de
coopération monétaire
UP
Elimination
de toutes les barrières non tarifaires de nature
monétaire
Le programme de
coopération monétaire de la CEDEAO vise à moyen et long termes la
convertibilité des monnaies ouest africaines et la création d'une
monnaie unique CEDEAO. Les ajustements des taux de change dans le
cadre des programmes d'ajustement structurel ont largement contribué
à l'équilibre de ces taux favorisant ainsi la convertibilité des
opérations du compte courant de la plupart des Etats membres. A court
terme, les instances de décision de la Communauté ont invité tous
les Etats membres à éliminer toutes les barrières non tarifaires à
caractère monétaire. Il a été recommandé à cet effet de
permettre aux citoyens de la Communauté d'éffectuer le paiement des
taxes d'aéroport, des frais d'hôtel et des billets d'avion en
monnaie locale.
Les douze pays
suivants ont levé toutes les barrières non tarifaires à caractère
monétaire au commerce avec les pays au sein de la sous-région :
Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée,
Guinée-Bissau, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal et Togo. Le Ghana
n'exige que le paiement de la taxe routière de transit en devise
étrangère. Les trois (3) autres pays restants continuent d'exiger le
règlement en devises par les non résidents des billets d'avion, des
taxes portuaires et aéroportuaires etc.... Ces Etats doivent
éliminer sans tarder toutes les barrières non tarifaires à
caractère monétaire.
Pour faciliter
l'utilisation des monnaies nationales dans le commerce et les
paiements régionaux, le Secrétariat exécutif de la CEDEAO et l'AMAO
ont entrepris, avec l'assistance financière de PASU-EDECO/OUA, une
étude sur la convertibilité régionale de ces monnaies. Les
résultats de cette étude ont été présentés à une réunion des
experts des Banques centrales en juin 1999 à Abuja qui a fait des
recommandations pertinentes à la réunion des Gouverneurs en
décembre 1999 à Lomé.
UP
Lancement
du chèque de voyage CEDEAO

Le chèque de
voyage de la CEDEAO a été officiellement lancé le 30 octobre 1998
lors du 21ème sommet de la CEDEAO. Cet instrument qui a été
parrainé par le comité des Gouverneurs des banques centrales et dont
l'Agence monétaire de l'Afrique de l'ouest (AMAO) doit initialement
assurer la gestion, permettra de faciliter le commerce et les
paiements intra-régionaux. Le Comité des Gouverneurs a décidé de
la mise en circulation du chèque à compter du 1er juillet 1999. Une
réunion d'évaluation à mis-parcours de l'utilisation des chèques a
été organisée par les Gouverneurs des Banques centrales en début
décembre 1999 à Lomé. Il a été envisagé d'améliorer la qualité
des chèques pour les rendre plus attrayants.
UP
Règlement
des arriérés auprès de la Chambre de
compensation
de l'Afrique de l'ouest (CCAO)
La CCAO avait
été créée, entre autres, pour faciliter l'utilisation des monnaies
locales dans les transactions commerciales en Afrique de l'ouest.
L'organisation a été transformée en Agence monétaire de l'Afrique
de l'ouest (AMAO) qui est une institution de la CEDEAO chargée de la
conduite de la politique monétaire de la CEDEAO. La Guinée Bissau et
le Libéria restent devoir encore respectivement 7,6 millions U.C. et
5,7 millions U.C. au titre d'arriérés auprès de la CCAO qu'ils
doivent apurer.
UP
Monnaie
commune CEDEAO et Harmonisation des Politiques
économiques
et financières
Pour traduire la
volonté d'harmonisation des politiques économiques de la CEDEAO dans
le cadre de l'objectif du Traité révisé et accélérer la création
de la zone monétaire de la CEDEAO, le Conseil des Ministres, sur
proposition du Forum consultatif des Ministres des Finances, Ministres
du Plan et Gouverneurs des banques centrales avait défini en 1997 des
objectifs en matière d'indicateurs de convergence.
Les évaluations
annuelles ont montré que ces critères étaient en dessous des
exigences d'une union économique et monétaire crédible. Ce qui a
amené le Conseil des Ministres lors de sa quarante troisième session
tenue en octobre 1998 à Abuja à inviter le Secrétariat exécutif et
l'AMAO à valider le choix, affiner et élargir les indicateurs de
convergence.
Sur la base de cette
décision, le Secrétariat exécutif a fait des propositions aux
réunions conjointes des Directeurs des Etudes des Banques centrales
et des Responsables des Ministères des Finances ainsi qu'aux
réunions des Gouverneurs des Banques centrales. Le Conseil des
Ministres, lors de sa session tenue à Lomé en décembre 1999 a fait
des propositions à la Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement
de décembre 1999 à Lomé qui a arrêté ce qui suit :
Gamme
des critères de convergence
La gamme des
critères de convergence devant faire l'objet d'un suivi rigoureux
dans le cadre du Programme de coopération Monétaire de la CEDEAO a
été élargie comme suit :
Critères
de premier rang
Les Etats membres
respecteront impérativement les critères opérationnels suivants, au
nombre de quatre (4) qui sont choisis en raison de leur pertinence
pour l'appréciation du degré de réalisation de l'objectif de
stabilité macro-économique, en particulier la recherche d'un
équilibre interne et externe des économies des Etats membres, qui
rendra viable la future monnaie unique :
- ratio déficit budgétaire global
hors dons sur le PIB : il devrait être calculé sur la base des
engagements et être inférieur ou égal à 4 % d'ici à l'an 2002 .
- taux d'inflation : il
serait calculé en glissement annuel et devrait être inférieur ou
égal à 5 % d'ici l'an 2003 ;
- financement du déficit budgétaire
par la Banque centrale : il devrait
être plafonné à 10 % des recettes fiscales de l'année antérieure,
à l'horizon de l'an 2003 ;
- réserves de change exprimées en
nombre de mois d'importations: les
avoirs extérieurs bruts devraient représenter au moins six (6) mois
d'importations de biens et services, d'ici l'an 2003.
Critères
de second rang
Afin de faciliter
le respect et la viabilité des critères de premier rang ci-dessus
énumérés, les Etats membres respecteront en outre, les critères
intermédiaires de second rang suivants :
- la non-accumulation,
par les Etats, de nouveaux arriérés de paiement intérieurs,
assortie d'une réduction rogressive du stock existant ;
- la réalisation d'un
ratio recettes fiscales/PIB supérieur ou égal à 20% ;
- la réalisation d'un
ratio masse salariale/recettes fiscales inférieur ou égal à 35 % ;
- la stabilisation des
taux de change réels ;
- le maintien de taux
d'intérêts réels positifs ;
- la réalisation d'un
ratio investissements sur ressources propres/recettes fiscales
supérieur ou égal à 20 %.
Chronogramme
de mise en œuvre
Le processus
d'approfondissement de la convergence pourrait être organisé durant
la période de 1999 à 2003. A cet effet, les Etats membres
élaboreraient des programmes pluriannuels de convergence qui seraient
évalués sur une base semestrielle et des sanctions pourraient être
prononcées à l'encontre des Etats défaillants.
Le lancement de
la zone monétaire unique interviendrait le 1er janvier 2004, au terme
de la période de convergence réussie.
Cadre
institutionnel, administratif et juridique
Le dispositif de
surveillance multilatérale des politiques macro-économiques
reposerait sur les organes ci-après :
- le Conseil de convergence composé
des Ministres des Finances et des
Gouverneurs des Banques centrales des pays membres qui exercerait la
surveillance des politiques et performances macro-économiques ;
- le comité technique
de suivi regroupant les Directeurs des Etudes des Banques centrales et
des représentants des Ministères des Finances. Ce comité serait
notamment chargé d'élaborer les rapports semestriels d'exécution de
la surveillance multilatérale à soumettre au Conseil de convergence
;
- l'Agence monétaire
de l'Afrique de l'ouest (AMAO) veillerait, en relation avec le
Secrétariat exécutif de la CEDEAO, à la compatibilité d'ensemble
des programmes pluriannuelsde convergence élaborés par les Etats ;
- des comités nationaux de
coordination, chargés d'appuyer
l'AMAO dans la collecte et le traitement des données de base fournies
par les Etats membres.
Un projet de
Protocole sur le cadre juridique du dispositif de surveillance
multilatérale des politiques économiques, conforme aux orientations
ci-dessus, pourrait être élaboré lors d'une prochaine réunion des
représentants des Ministères de la Justice des Etats membres, des
Juristes des Banques centrales et du Secrétariat exécutif de la
CEDEAO.
Harmonisation
des méthodologies d'élaboration des agrégats macro-économiques
nécessaires au suivi de la convergence
Il faut souligner
l'importance que revêt l'harmonisation des méthodologies
d'élaboration des agrégats macro-économiques utilisés dans les
pays membres, qui conditionne la crédibilité du dispositif de
surveillance multilatérale de leurs performances économiques et
financières. A cet égard, il a été créé un groupe de travail
composé des Directeurs des Etudes des Banques centrales, de l'AMAO,
du Secrétariat exécutif de la CEDEAO, des représentants des
Ministères des Finances, des Instituts nationaux de la Statistique et
de l'Observatoire économique et Statistique en Afrique (AFRISTAT)
pour faire des propositions concrètes susceptibles d'assurer, dans
les meilleurs délais, la comparabilité des agrégats macro-économiques
au sein de la sous-région.
Des termes de
référence appropriés seront élaborés par ce Groupe de travail et
l'assistance de la Communauté internationale sera recherchée pour
conforter les capacités des Administrations des Etats membres dans le
domaine statistique et accélérer la concrétisation de l'objectif
fondamental de comparabilité des agrégats, dans le cadre de la
surveillance multilatérale des politiques et performances macro-économiques.
Modalités
pratiques de création de la zone monétaire CEDEAO
Pour accélérer
la création de la zone monétaire unique CEDEAO, les pays non membres
de l'UEMOA suivants : Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Nigéria,
Sierra Léone ont pris la décision de créer une deuxième zone
monétaire d'ici l'an 2003 qui fusionnera avec la zone UEMOA en l'an
2004 pour donner naissance à la zone monétaire unique CEDEAO.
Sensibilisation
des opérateurs économiques et du public sur les programmes
prioritaires de la CEDEAO
La réalisation
des objectifs de la CEDEAO et par conséquent la matérialisation de
l'engagement politique des Etats membres passent par un soutien à la
base, des programmes d'intégration régionale. D'où la nécessité
d'impliquer les populations et les opérateurs économiques dans le
processus d'intégration régionale. Cette implication passe par la
sensibilisation des acteurs du développement sur les programmes
d'intégration régionale grâce entre autres aux actions suivantes :
mise en évidence des avantages
des programmes prioritaires par
l'organisation de séminaires sur les bénéfices
de l'intégration ;
organisation de
campagnes de publicité notamment dans les médias pour sensibiliser
le public ;
implantation de panneaux
publicitaires aux frontières et autres
endroits pour rappeler les droits et les devoirs des citoyens de la
Communauté en ce qui concerne la libre circulation des personnes.
Les Etats membres
n'ont pas consacré des efforts soutenus et engagé les ressources
nécessaires pour réaliser des programmes promotionnels destinés à
mieux faire connaître la Communauté. Dans le cadre du programme
«Espace CEDEAO» par exemple, seuls quelques Etats membres ont
réalisé des émissions radio et présenté des rapports sur le
thème de l'intégration économique.
Les Etats membres
doivent engager les actions nécessaires pour sensibiliser les
opérateurs économiques et le public sur les programmes de la CEDEAO
grâce à l'organisation régulière de séminaires ou ateliers pour
présenter les avantages et les bénéfices (avec des exemples
concrets) que les a cteurs du développement peuvent tirer de
l'intégration et organiser des campagnes de publicité soutenues pour
sensibiliser le public.
Mesures
d'accompagnement
Le programme
d'intégration des marchés ainsi esquissé a été accompagné d'un
programme de coopération commerciale articulé autour de la mise en
œuvre du traitement automatique des données douanières (SYDONIA),
pour renforcer les recettes douanières du logiciel EUROTRACE pour la
compilation des données commerciales, du système informatisé de
gestion des opportunités d'affaires (SIGOA/TOPs) dans le cadre des
rencontres acheteurs et vendeurs. En outre, la CEDEAO a organisé deux
foires commerciales à Dakar en 1995 et à Accra en 1999. Il y a lieu
de signaler également que le Fonds de la CEDEAO est actionnaire
majoritaire dans la Banque commerciale régionale ECOBANK qui dispose
de succursales dans onze (11) pays.
UP |